ING Belgique paie une transaction pénale dans un dossier de blanchiment

Parquet du Procureur du Roi Bruxelles
Communiqué de presse

Le parquet du procureur du Roi est régulièrement sollicité par de nombreux journalistes concernant le suivi du dossier ouvert à charge de la banque ING Belgique en marge de l’affaire Reynders.

Dans le cadre de ce dossier, le parquet est en mesure de communiquer les éléments suivants.

Le 30 avril 2025, la Banque nationale de Belgique a dénoncé, sur la base de sa loi organique, des faits susceptibles de constituer une infraction pénale dans le chef d’ING Belgique au Procureur du Roi de Bruxelles. 

Dans sa dénonciation, la Banque nationale explique que suite à la parution d’articles de presse évoquant des soupçons de blanchiment d’argent par Didier Reynders, elle a demandé des explications à ING Belgique et qu’il est apparu, à son estime, des indices d’infraction pénale, notamment d’avoir été potentiellement complice de blanchiment d’argent. 

Le Procureur du Roi de Bruxelles a également ouvert une information judiciaire à l’encontre d’ING Belgique afin de vérifier pourquoi ING Belgique n’avait pas dénoncé avant le 21/12/2023, in tempore non suspecto, à la cellule de traitement des informations financières les 245 dépôts en liquide (2001–2017, pour un total de 836.500,00 EUR) et les 779 transferts créditeurs e-Lotto (2017–2024, pour un total de 202.491,35 EUR) de Didier Reynders pour la somme globale de 1.038.991,35 EUR.  

L’enquête a été menée par l’Organe central pour la répression de la Corruption, sous la direction du Procureur du Roi. Les faits investigués permettent une transaction pénale puisqu’ils sont de nature financière, ne comportent pas d’atteinte grave à l’intégrité physique d’une personne et que s’agissant d’une personne morale, seule une sanction pécuniaire est possible par la loi.

Le Procureur du Roi a ainsi proposé, après la clôture de l’enquête confirmant à son estime les éléments recueillis par la Banque nationale, à ING Belgique le paiement de la somme de 1.600.000 EUR, [soit le montant correspondant au maximum prévu par le code pénal actuel pour blanchiment d’argent. ING Belgique, faisant preuve d’amendement mais sans que à son estime ceci ne constitue une reconnaissance de culpabilité, a marqué son accord et dès lors qu’elle a à présent procédé au paiement du montant proposé, les poursuites se sont éteintes à son encontre. 

Deux personnes physiques qui ne travaillent plus à la banque actuellement ont par ailleurs été identifiées et entendues et une décision doit encore être prise en ce qui les concerne. 

Le Procureur du Roi rappelle : « Le blanchiment d’argent ne peut être combattu sérieusement et efficacement qu’à la condition que les institutions bancaires respectent sans privilège et quel que soit le statut du client leurs obligations anti-blanchiment telles qu’elles sont définies par la loi. La vigilance des établissements bancaires est d’autant plus attendue s’agissant de personnalités publiques exerçant des fonctions de premier plan. S’abstenir de dénoncer des faits de blanchiment d’argent permet à ces faits de perdurer dans la durée et fournit une aide aux auteurs dans la perpétration de l’infraction. »

Parquet du Procureur du Roi Bruxelles
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