Le vendredi 11 juillet 2025, dans le cloître des Musées royaux d’Art et d’Histoire, au Cinquantenaire, le parquet du Procureur du Roi de Bruxelles a procédé à la restitution de deux artefacts égyptiens saisis à Bruxelles, en 2015 par la police locale de la zone Bruxelles-CAPITALE-Ixelles suite à un signalement d’INTERPOL. Les pièces ont été réceptionnées par S. E. Monsieur Ahmed ABU ZEID, Ambassadeur de la république arabe d’Egypte en Belgique, au Luxembourg et auprès de l’Union européenne et l’Otan.
La restitution aux autorités égyptiennes est l’aboutissement d’une procédure judiciaire longue et complexe initiée à la suite d’une commission rogatoire internationale émise par le Procureur général du Caire qui a donné lieu à un arrêt rendu par la Cour de cassation le 9 avril 2025.
Le parquet de Bruxelles – direction affaires internationales et européennes – s’est chargé de l’exécution de cette décision.
Pour la durée de la procédure, les pièces ont exceptionnellement été déposées dans les réserves de la section d’égyptologie des Musées royaux d’Art et d’Histoire, au Cinquantenaire à Bruxelles, afin d’assurer au mieux leur conservation.
La pièce qui retient le plus l’attention, de par sa taille et la richesse de sa décoration, est le sarcophage en bois datant de la période ptolémaïque (environ 4e-3e siècle avant notre ère). L’autre pièce importante est un morceau de barbe en bois.
Le sarcophage en bois est de forme anthropomorphique, à l'image du défunt mâle momifié qui y avait été placé. Le visage doré et les cheveux bleutés sont des attributs divins, signifiant que le défunt a été transformé en une manifestation du dieu Osiris, maître du monde souterrain.
Il a sans doute appartenu à un membre de la haute société égyptienne. Le choix des matériaux et l'exécution méticuleuse témoignent d'un savoir-faire exceptionnel. On remarque des incrustations de verre coloré dans les yeux et le pectoral, des éléments dorés et des gravures en bois finement ciselées.
Le décryptage des hiéroglyphes du sarcophage a permis d’identifier la personnalité qu’il abritait. Il s’agit d’un homme nommé Pa-di-Hor-pa-khered (pꜣ-di ḥr pꜣ-ẖrd), ce qui signifie "Celui qui a été donné par Harpokrates". En raison de sa nature et eu égard à son rang, sa remise s’est faite avec respect et dignité. Le cloître du Cinquantenaire, au mur duquel sont scellées des plaques tombales médiévales, ajoutait une touche particulière à cet évènement, dans un dialogue des cultures funéraires.
« Au terme de 10 ans d’enquête et de procédure, c’est véritablement faire œuvre de justice que de rendre à son pays d’origine un élément détourné de son patrimoine », déclare Julien Moinil, Procureur du Roi de Bruxelles.
A l’issue de la cérémonie, les pièces seront rapatriées en Egypte par valise diplomatique.
Cette restitution fait suite à celle d’une statue d’homme en marche et d’un oushebti, organisée, dans le même dossier, en septembre 2021.