Trois parquets rassemblés en un seul : la professionnalisation comme base
En 2014, la Flandre orientale comptait trois parquets qui avaient chacun leur propre fonctionnement : Termonde, Gand et Audenarde. La création du parquet de Flandre orientale les a réunis en un seul, composé de trois divisions. Par ailleurs, les 27 arrondissements judiciaires ont été ramenés à 12 afin de satisfaire à la nécessité d’un travail à grande échelle et d’une professionnalisation. Geert Merchiers, procureur du Roi, explique cette nécessité : « La Justice doit évoluer conjointement avec la société et la criminalité qui se complexifient sans cesse. Cette complexité nécessite de l’expertise. Le travail à petite échelle ne permettait plus de répondre aux attentes. »
L’efficacité par l’expertise et la centralisation
La centralisation des dossiers au sein d’équipes spécialisées, par exemple en matière d’infractions de roulage ou de criminalité financière, rend le travail du parquet plus efficace et plus poussé. « Elle garantit l’uniformité et de meilleurs résultats », souligne Lientje Van den Steen, procureur de division à Audenarde. Avant la réforme, tous les dossiers relatifs à l’environnement et à l’urbanisme avaient déjà été centralisés à Gand. La création du parquet de Flandre orientale a ensuite permis de poursuivre la spécialisation.
Cette tâche était loin d’être aisée pour une province d’une superficie de 2 982 km² et comptant plus d’un million et demi d’habitants. « La centralisation est uniquement possible grâce à un partage d’informations renforcé entre les trois divisions. Des formations sont également prévues, ajoute Lientje Van den Steen. Par exemple, au cours des dix dernières années, tous les dossiers liés aux infractions de roulage ont été centralisés dans la division de Termonde, tandis que ceux portant sur les exécutions de peines ont été rassemblés à Gand. »
Numérisation : la clé du progrès
Bart Van den Branden, procureur de division (à Termonde) : « La révolution numérique offre de belles opportunités pour notre organisation, mais des défis se présentent également. La clé se situe dans la façon dont notre parquet abordera et mettra en place la transformation numérique. En effet, nous avons utilisé le même système pendant plus de 25 ans. »
L’efficacité et la rapidité du travail doivent être renforcées grâce à des projets tels que JustCase et JustSign. Bart Van den Branden précise que des obstacles se dressent toutefois : « Tout le personnel judiciaire n’a pas encore le même niveau de maîtrise de l’environnement numérique. L’entrainement et la collaboration restent des éléments essentiels pour exploiter pleinement les avantages de la numérisation. » Il souhaite également disposer de meilleurs outils numériques afin d’harmoniser parfaitement la police et la Justice.
La place centrale occupée par l’approche humaine
Ann Bourgeois, procureur de division de Gand, souligne la valeur d’une approche sur mesure. Elle précise que « notre objectif consiste à apporter une réaction proportionnellement et socialement pertinente à chaque infraction ». Elle fait référence au programme kOMpas, qui fait la part belle à la médiation, à la réparation du dommage et à la réinsertion, tout en accordant une attention particulière aux mineurs. Par ailleurs, elle note que la criminalité financière reste une priorité importante. « Nous devons toucher les criminels là où ça fait mal : au portefeuille. » Des résultats tangibles de la coopération avec la police et les institutions académiques se manifestent dans des projets tels que le team EPE et l’initiative Figaro.
Un avenir plein d’ambitions
Le fil rouge dans les différentes visions est la mise en œuvre d’une Justice performante, humaine et moderne. Le parquet de Flandre orientale continue d’investir dans le renouvellement et l’amélioration, en poursuivant la numérisation, en garantissant la coopération multidisciplinaire et en renforçant l’attention portée à la justice réparatrice. Steffi Rigolle, secrétaire en chef faisant fonction, souligne ce qui suit : « L’humain occupe une place centrale, que ce soit les citoyens – en tant que justiciables ou que personnes en quête d’informations –, mais aussi les membres de notre personnel, qui s’investissent chaque jour afin d’atteindre nos objectifs. Leur bien-être est très important et nous leur sommes énormément reconnaissants. »